Unis dans la diversité implique de faire de l'open-source la norme
Blog post, 06/02/2026, de Sven Franck (in Deutsch, in english) -
TL;DR – La FOSDEM, la plus grande conférence open-source au monde, a eu lieu le week-end dernier à Bruxelles. Et alors que j’essayais de pitcher que nos eurodéputés de Volt interviennent dans les sessions sur la politique digitale l'an prochain, les organisateurs ont annoncé vouloir rendrer la FOSDEM plus politique. Parfait, car il est grand temps que l’Europe prenne l'open source plus au sérieux.
La démocratie est open source, l’autoritarisme est propriétaire
J'explique souvent pourquoi rejoindre Volt avec la corrélation de la démocratie et l'open source. Réfléchissez-y : nous vivons dans une démocratie et elle fonctionne (plus ou moins) sans que vous ayez besoin de voter ou d'être actif dans un parti politique. Jusqu'à un certain point. Dans le logiciel, les solutions open-source risquent de se dégrader si elles ne sont pas améliorées pour suivre l'évolution technologique, ou si elles manquent de contributeurs et de mainteneurs pour garantir qu'elles restent sur la bonne voie. Sans contributions, dans le pire des cas, elles sont abandonés ou tout simplement reprises.
Cela peut aussi arriver en démocratie. Le « end game », c'est quelqu’un comme Trump qui est élu et transforme la démocratie en un autre système. Quand un logiciel open-source devient propriétaire, vous devez peut-être payer pour l’utiliser, vous pouvez perdre l'accès, vous ne savez pas quelles données sont collectées ni comment elles sont utilisées et utilisées contre vous. L'analogie est claire : la démocratie a besoin de contributions. Des petites, comme un vote. Des plus grandes, comme l'engagement actif dans un parti politique.
D'être unis dans la diversité nécessite l'interopérabilité
Un autre exemple que j'utilise suivant est celui des langues. On peut consulter la grammaire et le vocabulaire de n'importe quelle langue, l'apprendre et la parler. Imaginez maintenant que les langues ne soient pas « open-source ». Ce serait comme essayer de communiquer avec des extraterrestres. Nous avons 27 États membres et plus de 20 langues parlées en Europe. Il en va de même pour les technologies : nous n'avons pas de monolithes à l'échelle de l’UE, mais un écosystème de technologies compétitives.
On pourrait soutenir que l'Europe a besoin de standards monolithiques pour être compétitive. Mais ce serait comme si l'Espagne demandait à tout le monde de parler espagnol (désolé, la Catalogne), ou si l'UE imposait le latin, l'espéranto, l'anglais ou autre langue. Ça ne marchera pas. Je pense que notre ADN européen ne doit pas être reformaté de cette manière. Au contraire, nous devrions utlisier notre diversité, y compris sur le plan technologique. Et cela implique que l'UE redouble d'efforts en faveur de l'open source. Car si nos différents systèmes peuvent apprendre à « parler » entre eux, ils pourraient rivaliser avec n'importe quel hyperscaler.
Pour y parvenir, nous devons briser l'asymétrie d’information : l'Europe dispose des technologies pour être souveraine et compétitive. Cela nécessite une prise de conscience technique au niveau politique, où les gouvernements se tournent souvent par défaut vers des fournisseurs étrangers parce qu'on leur a appris que rien d'autre n’existe. Et cela nécessite aussi des moteurs politiques au niveau technologique, car même si les solutions open-source sont interopérables, leur intégration demande souvent une volonté politique. La FOSDEM fait le bon choix en cherchant, espérons-le, à pousser ces deux dimensions.